À un mois de l'échéance très commentée du 2 août 2026 de l'AI Act, la plupart des dirigeants se demandent s'ils sont « en règle ». Beaucoup regardent la mauvaise ligne du calendrier. Car une obligation, elle, s'applique déjà — depuis le 2 février 2025 — et elle est massivement ignorée : la littératie en IA, autrement dit l'obligation de former ses équipes.
Ce que dit vraiment l'AI Act (sans le jargon)
L'AI Act encadre l'IA selon son niveau de risque. On retient surtout ses obligations les plus lourdes — celles qui pèsent sur les usages « à haut risque » (recrutement, accès au crédit, certains domaines de la santé ou de la justice). Bonne nouvelle : ces obligations-là viennent d'être repoussées, une partie ne s'appliquant qu'à partir de décembre 2027, dans le cadre d'un assouplissement du calendrier européen. (Nous détaillons ce point, ainsi que les aides publiques, dans cet article.)
Mais il existe une obligation qui, elle, ne concerne pas que les usages à haut risque : elle concerne toutes les entreprises qui utilisent l'IA. C'est l'article 4, dit de « littératie ». En clair : toute organisation qui déploie l'IA doit s'assurer que les personnes qui l'utilisent disposent d'un niveau de compréhension suffisant — ce que fait l'outil, ce qu'il ne sait pas faire, ses limites et ses risques. Et cette obligation est en vigueur depuis février 2025.
Rassurez-vous : il ne s'agit pas de passer un diplôme ni de remplir des dossiers à n'en plus finir. Il s'agit simplement que vos équipes sachent ce qu'elles font quand elles utilisent l'IA.
Pourquoi c'est de toute façon la bonne décision
Mettez un instant la loi de côté. Former ses équipes à l'IA est, indépendamment de toute obligation, l'investissement le plus rentable du sujet. Une équipe non formée, c'est :
- du Shadow AI : des collaborateurs qui collent, sans mesurer le risque, des données confidentielles dans des outils grand public (nous en parlons en détail ici) ;
- des décisions fondées sur des réponses non vérifiées : un outil générique peut inventer, et une réponse plausible mais fausse, reprise telle quelle, coûte cher ;
- du potentiel gaspillé : la plupart des équipes n'utilisent qu'une fraction de ce que l'IA pourrait leur apporter, faute de savoir s'en servir.
Autrement dit : la formation n'est pas une contrainte réglementaire de plus, c'est ce qui transforme un usage risqué et bricolé en un usage sûr et productif.
Ce qu'un dirigeant doit concrètement faire
Pas besoin d'un plan démesuré. Quatre étapes suffisent à être à la fois en règle et efficace :
- Commencer par le haut. Un dirigeant qui comprend les enjeux décide mieux. Une demi-journée de sensibilisation des dirigeants suffit souvent à poser les bons réflexes.
- Former les équipes à l'IA générative : les bons usages, les limites, et surtout les informations à ne jamais confier à un outil externe. C'est l'objet de nos sessions d'IA générative pour les équipes.
- Poser une charte simple : ce qu'on peut faire, ce qu'on ne fait pas, vers quel outil interne se tourner. Une page claire, pas un pavé juridique.
- Garder une trace. Noter qui a été formé, et quand : c'est ce qui, le jour venu, montre que vous avez agi.
Nos formations sont pensées pour des PME, à partir de votre contexte réel, et — en partenariat avec un organisme certifié Qualiopi — peuvent être finançables selon votre situation (OPCO notamment). L'ensemble de notre offre est présenté sur la page formation.
Ce qu'il faut en retenir
Pendant que tout le monde fixe l'échéance d'août 2026, l'obligation la plus simple à respecter est déjà là — et elle a du sens même sans la loi : s'assurer que vos équipes savent utiliser l'IA correctement. C'est la façon la moins chère de réduire vos risques et d'augmenter vos gains, d'un même geste.
La bonne question : mes équipes utilisent-elles déjà l'IA — et si oui, savent-elles vraiment ce qu'elles font ? Notre audit IA gratuit et sans engagement fait le point sur vos usages réels et vous propose un plan de formation adapté. Discutons-en.
