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Le blog
5 août 20267 min de lectureGaëtan Le Roy

AI Act : le 2 août est passé — voici ce qui s'applique vraiment à votre PME (et ce qui est reporté)

Le 2 août 2026 devait être le grand jour de l'AI Act. L'omnibus européen a reporté les obligations « haut risque » à fin 2027 — mais la transparence, elle, s'applique bien depuis cette semaine : votre chatbot doit se déclarer, vos contenus IA se marquer. Le point précis, sans jargon, obligation par obligation.

AI Act : le 2 août est passé — voici ce qui s'applique vraiment à votre PME (et ce qui est reporté)

Pendant deux ans, le 2 août 2026 a été LA date encerclée en rouge dans tous les calendriers de conformité : le jour où les obligations les plus lourdes de l'AI Act — celles des systèmes « à haut risque » — devaient devenir opposables, sanctions à la clé. La date est passée cette semaine. Et la réalité est plus subtile que prévu : une partie du calendrier a été reportée au dernier moment, mais une obligation bien concrète vient d'entrer en application, et elle concerne probablement votre entreprise.

Faisons le point précisément, parce que les deux erreurs symétriques coûtent cher : croire que tout s'applique (panique inutile), ou croire que tout est reporté (négligence risquée).

Ce qui a été reporté : le « haut risque » attendra fin 2027

Le paquet « omnibus numérique » européen, adopté définitivement fin juin après l'accord des colégislateurs du 7 mai, a décalé les échéances des systèmes à haut risque : 2 décembre 2027 pour les systèmes autonomes de l'annexe III (recrutement, scoring de crédit, éducation, infrastructures critiques…), et août 2028 pour l'IA embarquée dans des produits réglementés (dispositifs médicaux, machines…).

Si vous utilisez un outil de tri de CV ou de scoring, vous avez donc gagné dix-huit mois. Nous l'écrivions en juillet : ce report est un délai de préparation, pas une abrogation — les exigences (documentation, supervision humaine, gestion des risques) restent au programme.

Ce qui s'applique depuis le 2 août : la transparence (article 50)

C'est le vrai événement de la semaine, largement éclipsé par le bruit autour du report. Depuis le 2 août 2026, l'article 50 de l'AI Act impose la transparence sur quatre situations très courantes :

Vous utilisez…Votre obligation depuis le 2 août
Un chatbot ou assistant IA face à vos clientsL'utilisateur doit savoir qu'il parle à une IA (sauf si c'est évident)
Des contenus générés par IA (images, audio, texte)Marquage lisible par machine des contenus générés
Des deepfakes ou contenus d'intérêt public générésÉtiquetage explicite
Reconnaissance d'émotions ou catégorisation biométriqueInformation des personnes exposées

Deux nuances importantes : les contenus générés avant le 2 août n'ont pas à être marqués rétroactivement, et les systèmes mis sur le marché avant cette date bénéficient d'un sursis jusqu'au 2 décembre 2026 pour le marquage technique des contenus (pas pour la déclaration des chatbots, qui s'applique sans période de grâce).

Un exemple concret que vous avez sous les yeux : notre propre assistant Ingéni, en bas à droite de ce site, s'annonce comme « Agent IA » dès son ouverture et rappelle que ses réponses sont générées par une IA. Ce n'est pas un choix cosmétique — c'est exactement ce que l'article 50 attend d'un chatbot depuis cette semaine.

Ce qui s'appliquait déjà (et que le report ne change pas)

Rappel utile, car la confusion règne :

  • Depuis février 2025 : les pratiques interdites (manipulation, notation sociale…) et — on l'oublie toujours — l'obligation de littératie IA : toute entreprise qui utilise l'IA doit s'assurer que son personnel est suffisamment formé. C'est l'article 4, il est en vigueur, et il concerne la PME de 12 personnes qui utilise ChatGPT autant que le groupe du CAC 40.
  • Depuis août 2025 : les obligations des fournisseurs de modèles à usage général, la gouvernance et le régime de sanctions (jusqu'à 35 M€ ou 7 % du chiffre d'affaires mondial pour les pratiques interdites).

Votre checklist d'août 2026, en cinq gestes

  1. Votre chatbot se déclare-t-il ? Une phrase visible suffit (« vous échangez avec un assistant IA »). Si votre prestataire ne l'a pas prévue, demandez-la cette semaine.
  2. Vos contenus générés sont-ils identifiables ? Newsletters, visuels, fiches produit : mettez en place le marquage pour tout ce qui sort à partir de maintenant.
  3. Vos équipes sont-elles formées ? L'obligation de littératie court depuis 18 mois. Une sensibilisation d'une demi-journée pour les dirigeants et une formation pratique pour les équipes couvrent l'essentiel — et rendent surtout vos usages plus rentables.
  4. Cartographiez vos usages IA — y compris les officieux (le shadow AI est la norme, pas l'exception). Impossible d'être en règle sur ce qu'on ignore.
  5. Si vous touchez au « haut risque » (RH, crédit, éducation…) : profitez du report pour préparer sereinement — documentation et supervision humaine ne s'improvisent pas en trois semaines.

Ce qu'il faut retenir

  • Le grand jalon du 2 août 2026 a été reporté pour le haut risque (décembre 2027, voire 2028 pour les produits réglementés).
  • Mais la transparence s'applique depuis le 2 août : chatbots déclarés, contenus IA marqués — sans période de grâce pour la déclaration des chatbots.
  • Les interdictions et la littératie IA sont en vigueur depuis février 2025 ; les sanctions existent depuis août 2025.
  • La bonne posture PME : ni panique, ni procrastination — cinq gestes simples, dont la plupart améliorent de toute façon la qualité de vos usages.

Chez IngéniSolution, la conformité n'est pas une prestation à part : elle est intégrée à ce que nous construisons (notre assistant de site en est la démonstration) et à ce que nous enseignons. Si vous voulez savoir où en est votre entreprise — usages réels, obligations applicables, formation des équipes — l'audit gratuit est le bon point de départ.

AI ActRéglementationPME
Gaëtan Le Roy, fondateur d'IngéniSolution

Écrit par

Gaëtan Le Roy

Ingénieur ICAM · Fondateur d'IngéniSolution · Référent IA du Tarn-et-Garonne

Concepteur de logiciels d'IA sur mesure et souveraine pour les entreprises — un brevet d'invention au compteur, et l'obsession du concret.

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